La pédagogie basée sur la Music Learning Theory ne vise pas à créer des petits génies musicaux, ni à pousser l'enfant à devenir un musicien à tout prix. Le but est que les personnes, en grandissant, soient capables de comprendre la musique, de l'écouter, de chanter ou jouer d'un instrument pour le plaisir de le faire. Elles pourront bien évidemment devenir des musiciens professionnels, mais ce n'est pas l'objectif principal.

Pédagogie

Pédagogie

La Music Learning Theory n’est pas une méthode figée mais une théorie qui explique comment nous apprenons la musique.
Elle se concentre sur le processus d'apprentissage et exprime un modèle éducatif et d'enseignement.

Pédagogie

    • Éduquer l'enfant à la compréhension de la musique, pour être en mesure de l'apprécier et de pouvoir en jouir ;
    • Lui fournir les outils nécessaires pour rendre son écoute musicale active, celle-ci étant soutenue par une pensée musicale ;
    • Contribuer au développement d'un goût personnel et d’une relation profonde entre l’enfant et la musique ;
    • L’aider à développer une pensée musicale qui lui permettra ensuite d’exprimer sa musicalité sur un instrument ;
    • L’aider à développer les compétences nécessaires pour être en mesure de faire de la musique, chanter et jouer d'un instrument.
  • En âge préscolaire, on n’enseigne pas la musique : l’enfant l’apprend de manière autonome si celle-ci devient un vecteur de communication au sein d’une relation éducative.

    En avance sur les recherches scientifiques qui ont ensuite montré l'existence des neurones-miroirs (G. Rizzolatti, 1990) et l'importance de l'imitation dans le processus d'apprentissage, Edwin E. Gordon a toujours parlé de modèle, d'exemple direct : l'enseignant doit mettre en acte ce qu’il veut que l'enfant apprenne.

    Pour les enseignants qui appliquent les principes de la Music Learning Theory, cela signifie se comporter comme les parents se comportent avec l'enfant dans le langage :

    • établir une relation authentique avec l’enfant, entrer en contact avec lui, notamment à travers le regard ;
    • chanter pour communiquer avec l’enfant et non pas pour le divertir ;
    • écouter les sons spontanés que l'enfant émet, les imiter, les remettre dans le contexte musical ;
    • se bouger de manière expressive, en laissant l’enfant libre de se déplacer spontanément.

    L'enfant est donc guidé dans l'apprentissage de manière informelle, selon un principe analogue à celui de l’« éducation indirecte » dont parlait Maria Montessori et à celui de la «zone proximale de développement» du psychologue russe Lev Vygotski.
    Ce guidage informel se fait par le biais de pratiques éducatives spécifiques qui permettent à l'enfant d’absorber la musique de l’adulte et d'apprendre de manière autonome et naturelle.

    L'adulte est un modèle de musicalité: il recueille les propositions de jeu musical spontané de l'enfant et il en respecte modalités et temps d'apprentissage, sans le pousser à apprendre ni exiger de lui des prestations sur des compétences acquises dans le court terme.

    L'enseignant a des objectifs très clairs et attend les différentes réponses de l'enfant pour avancer.
    Le travail se fait en groupes, car à cet âge les enfants apprennent de leurs pairs, mais le programme est subjectif : l'observation et le dialogue continu permettent à l'enseignant de savoir comment chaque enfant est en train de construire sa propre audiation (travail de groupe et individuel).

  • L'ÉCOUTE: elle est à la base de tout.

    • L’apprentissage de la musique est un processus d’apprentissage par discrimination. L’enfant acquiert un concept par induction à l’aide d'exemples : il émet des hypothèses sur ce qui est et sur ce qui n'est pas un exemple de ce concept et les teste jusqu'à ce qu’il puisse trouver sa propre définition.
    • Si l'enfant a la possibilité d'écouter la variété, la complexité et la diversité de la syntaxe musicale, il pourra développer son audiation pour reconnaître et analyser les différences. Cela lui permettra d'arriver à la valeur syntaxique des groupes de sons, des phrases entières ou des passages musicaux proposés par l'adulte.

    La VOIX : le premier moyen de relation, avant même la naissance.

    • Elle établit une relation affective importante pour l'enfant (l'adulte est là et chante pour lui), directe (sans recours à un instrument de musique) et égalitaire (tout le monde dispose de la voix : éducateurs, parents, autres enfants)
    • Son utilisation est liée à la coordination motrice : l’acte de chanter requiert une coordination entre mouvement et pensée musicale.

    Des CHANTS MÉLODIQUES ET RYTHMIQUES sans paroles, construits sur tous les modes et les temps possibles, caractérisés par :

    • la VARIÉTÉ : pour favoriser l'apprentissage discriminatoire ;
    • la COMPLEXITÉ : pas difficiles mais variés, riches en contenus
    • la BRIÈVETÉ : les jeunes enfants ont une forte capacité de concentration, mais à court terme
    • la RÉPÉTITION
    • le SILENCE : très important. C’est le moment de l’écoute, de la tentative d'interagir, des éventuelles réponses des enfants, de l'audiation.

    Les PATTERNS : ce sont des contenus de la syntaxe musicale à l'intérieur des contextes donnés par les chants, ils sont importants pour la syntaxe elle-même

    • pour Gordon, ils sont l'équivalent des mots
    • leur fonction consiste à établir un dialogue avec l'enfant : ils deviennent une forme de communication que l’enfant essaiera instinctivement de mettre en œuvre.
    • L'enfant écoute un tout, interagit avec de petites parties pour revenir ensuite au tout. Enseigner la musique par intervalles n'a donc pas beaucoup de sens : ils faut toujours les situer dans un contexte.

    Le MOUVEMENT :

    • c'est un outil d'apprentissage pour l’enfant (mouvement perceptif sensori-moteur dans la première enfance)
    • il guide à la conscience du corps et à la coordination corporelle liée à la syntaxe musicale


    • Les enfants sont heureux de faire de la musique. Si nous entrons sans le savoir dans une classe dans laquelle il y a un enseignant de l'Aigam en action, nous le trouverons en train de jouer avec les enfants, mais avec une fonction de guide. Les enfants ont généralement un certain enthousiasme pour ce travail qui les implique au niveau du jeu, du corps et du mouvement.
    • Ces enfants sont très naturels dans leur façon de faire de la musique.
    • Ils développent un grand sens de la justesse, du rythme mais aussi de l’harmonie.
    • Ils développent, chacun avec leurs différences, une capacité à improviser musicalement, et aussi, plus tard, à composer des morceaux.